• L’OPTIMISTE ET LE PESSIMISTE

    — Le charme des populations qui évoluent autour de notre monde n’en finit jamais de m’émerveiller. Elles semblent être des richesses inépuisables, tant dans leurs diversités que dans les personnalités qu’elles affichent en s’opposant parfois. Chaque jour qui se pose avec délicatesse sur les gens en les illuminant d’une clarté différente selon le pays où ils résident nous laisse entrevoir les multiples facettes qui composent le caractère des hommes. Quel que soit le lieu où nous les regardions évoluer, parmi eux cohabitent toujours les pessimistes et les optimistes.

    Les premiers n’osent pas entreprendre de quelconques travaux, car ils prétendent que l’anéantissement naît d’une œuvre qui germe dans l’esprit, avant de grandir entre les mains des apprentis sorciers. Leur théorie est simple. Toute réalisation créée depuis l’imagination est vouée à disparaître dans le temps. Parfois, plus vite que l’on ne pense ! Aux côtés de ces personnages trop prudents et souvent craintifs se trouvent ceux pour qui le ciel apparaît éternellement d’un bleu merveilleusement éclatant, même si les nuages arrosant la terre démontrent le contraire. Pour ces optimistes, rien n’est jamais impossible. Ils savent depuis toujours que les ans ne sont que de grands et généreux livres sur les pages desquels la vie chante et danse sur les lignes. Inlassablement, ils se débrouilleront pour faire en sorte qu’une histoire ne sera probablement jamais finie d’être écrite. Chaque aube qui baignera les jours, s’enorgueillir d’un chapitre qui lui ressemblera. Ils en rajouteront un, puis un second, car pour eux un compte ne peut jamais se terminer sur image triste, forçant les yeux à s’embrumer de larmes douloureuses.  

    C’est vrai et vous avez raison de penser à eux. Il y a aussi les indécis. N’osant faire un choix qui ferait grossir tantôt les rangs des uns tantôt ceux également nombreux des autres, ils naviguent entre le oui et le non, le jour ou la nuit, la pluie ou le beau temps. On peut compter sur eux pour applaudir ou critiquer, mais n’espérez pas sur eux pour innover. Le monde est fait de telle sorte, que notre diversité est indispensable à son bon équilibre. Dans l’immensité des différences nous ne sommes que de petites choses paraissant fragiles et inutiles, mais elles sont le creuset dans lequel naissent le pouvoir, le vouloir et le désir.  

    Dans nos sociétés, nous rencontrons ceux qui plantent et il nous arrive hélas ! de découvrir que ce ne sont pas forcément les mêmes qui récoltent. Il existe une catégorie bien particulière : les profiteurs. Nos systèmes sont faits ainsi, que même ceux-là ont leur place, car ils nous obligent alors à réintroduire la vie où elle était en danger, voire disparue. Notre soif de vivre nous commande désormais de nous surpasser et nous constatons parfois que les efforts déployés font que nous bénéficions plus qu’espéré au préalable de ce que nous avons semé. C’est une avancée considérable qui laisse à penser aux pessimistes que cela ne peut pas durer pas éternellement !  

    En observant la photo, nous pouvons nous réjouir que quelques-uns fassent des sacrifices pour fixer les dunes. C’est un clin d’œil au temps pour lui dire qu’il ralentisse sa course et qu’il ne nous oublie pas. Dans le même temps, nous lui faisons comprendre que nous savons vivre le présent en préparant les lendemains.

    Je crois que nous pouvons faire confiance à la capacité des hommes, même si quelques-uns développent beaucoup d’imagination pour cacher qui ils sont véritablement.  

    Je ne doute pas qu’un jour eux aussi ne reviendront pas seulement avec un fagot de bois mort dérobé à la nature. Dans le matin, ils ne seront pas allés les mains vides. Ils auront emporté de nouveaux plants qui à leur tour garniront les dunes ou les flancs des coteaux, les plaines ou les montagnes.

    Ils porteront également avec délicatesse des graines comme on annonce une bonne nouvelle, car nous ne sommes vraiment grands que dans la reconnaissance de nos erreurs.  

    C’est ainsi que nous regagnerons la confiance de nos enfants quand ils verront que les pessimistes et les optimistes marchent main dans la main, utilisant le passé pour construire et aménager le futur.

    Les uns seront rassurés d’avoir à leur côté les autres, car ils devineront alors qu’ils ne mourront jamais de soif, puisque les premiers veilleront à ce que leurs verres ne restent pas à moitié vides.

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