• LE DÉCLIN DU GENRE HUMAIN

     N’allez pas imaginer que je désire en quelques mots faire le procès des multinationales qui profitent de la naïveté du plus grand nombre, pour s’enrichir de façon insolente. Nous pouvons dénoncer ce que l’on veut, démonter toutes les théories appliquées depuis toujours, il n’en demeurera pas moins, que les puissants ont sans cesse abusé des plus faibles, et cela, dans tous les registres de la vie. Oui, nous crions haut et fort, nous remettons en balance bien des décisions, nous critiquons, nous nous faisons l’avocat des causes perdues, mais nous consommons, et cela pour le bon plaisir de ceux qui pensent à nous, avec, dans les yeux, des caisses enregistreuses.

    Tous ces gens qui dirigent le monde en construisant leurs fortunes sont réellement très forts. Pour attendrir les mécontents, ils leur offrent des sujets sur lesquels ils se précipitent comme des affamés sur un morceau de pain. Et ça marche si bien, que chaque jour on nous distribue de quoi alimenter les diverses tribunes. Il n’est qu’à lire les journaux, les revues, consulter les réseaux, pompeusement dits « sociaux » pour se rendre compte à quel point nous fonçons tête baissée dans toutes les machinations. Tous ces éléments, vus et entendus depuis notre lointaine forêt, me rendent triste. Parfois, je me pose la question : était-il vraiment indispensable que je vive aussi longtemps, pour finalement assister à notre déclin ?

    Qu’avons-nous donc fait, pour mériter cela ? Pourquoi avons-nous oublié nos fondamentaux qui étaient l’essence même de notre raison d’exister ? Comment peut-on décemment appauvrir les peuples pour que d’autres (le plus petit nombre) finissent asphyxiés sous leur fortune, dont ils ne se rendent plus compte de ce qu’elle représente, car elle est immense ! Un grand sage a dit « quand les arbres auront disparu, que les animaux les auront suivis, que les végétaux seront détruits, l’homme, enfin s’apercevra que l’argent ne se mange pas » !

    À propos d’aliments, précisément, au nom de quoi acceptons-nous que l’on nous fabrique de la nourriture génératrice de maladies nouvelles ? Tout ce qui a contenté l’humanité depuis toujours, et qui nous préservait des nuisances naturelles, était-il si mauvais ? Où sont passés nos légumes sains ? Nos charcuteries, nos fromages, nos fruits exempts de produits chimiques ? Que sont devenues nos céréales, haut perchées sur une paille qui faisait les meilleures litières, puis le fumier qui enrichissait la terre qui l’avait offerte ?

    Je sais, on me dira qu’il y a le « bio ». Mais ce mot, à lui seul cache bien des défauts. Et tout cela, de façon la plus pernicieuse, agit sur nous, en modifiant notre génétique. Nous ne nous en rendons pas compte, mais nous ne sommes plus vraiment les mêmes personnages que l’étaient nos aînés. Nous devenons indifférents, de plus en plus égoïstes et hurlons avec les loups alors que nous ne cessons plus de crier que nous ne sommes pas des moutons. Nous déposons nos vieux parents dans des maisons prétendues spécialisées, quand on admet qu’elles ne sont que des antichambres de la mort. Par contre, nous alimentons la rubrique des chiens écrasés, pour garder notre conscience en paix.

    Je me doute qu’il se trouvera quelqu’un pour censurer mes propos. Pourtant, les gens de ma génération qui ont connu des temps meilleurs devraient être les premiers à se rebeller. Vous savez, pour mettre la finance à genoux, il ne faut pas des années. Celle qui nous paraît si puissante en fait n’est fabriquée que sur un édifice sans fondations. Quand le peuple éternue, les multinationales ont la grippe. Il nous suffirait de boycotter les produits contrefaits, ceux conçus par les enfants, d’autres qui sont faits pour nous rendre malades, pour que certains empires se lézardent ou s’effondrent, ce qui ne serait en fait, qu’un demi-mal.

    En peu de temps, nous venons de balayer d’un revers de la main l’histoire de l’humanité. Et au nom de quoi ? Pour notre confort ? Pour contenter ce dernier, était-il réellement nécessaire d’affaiblir les peuples, de les dénaturer, de piétiner leur personnalité et de chercher à en faire des moutons du genre de la fameuse Dolly ?

    Que vont devenir nos différences, qui depuis l’aube des temps nous enrichissaient, si nous acceptons de les faire naître dans le même moule ? Nous méritons mieux que cela. L’homme n’a nullement l’utilité de tous ces artifices pour être heureux. Il ne lui faut que quelques éléments, mais pas des moindres. En premier lieu, il doit évoluer avec en lui l’amour qui lui fait défaut ; l’authentique, celui qui apaise l’esprit et met du baume dans le cœur. Il veut qu’on lui fasse confiance, qu’on le respecte, non pour ce qu’il réclame, mais ce qu’il donne. Nous avons besoin de retrouver notre jardin d’Eden, nos produits sains, en cessant de voir dans le cœur des fleurs des pièces de monnaie que nulle abeille ne pourra polliniser. À partir de ce jour, il en sera fini de notre belle histoire de l’humanité. Alors, de grâce, reprenons-nous pendant qu’il en est encore temps, car au rythme où nous allons, nos jours sont comptés !

    Amazone. Solitude. Copyright 00061340-1


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