• LE LIVRE DE LA VIE

    — Il est souvent critiqué le fait que plus personne ne lit, puisque, dit-on, tout le monde écrit. Mais ne confondons pas les différents ouvrages. Certains sont faits pour conduire le rêveur vers des rivages inconnus, alors que d’autres ne le sont que pour ensoleiller l’esprit, pareil à des volets qui s’ouvrent sur une lumière trop longtemps dissimulée. Il y a la catégorie des sciences qui laissent parfois le curieux sur sa faim, car s’il donne l’impression d’apporter beaucoup, il cache malheureusement l’essentiel, beaucoup d’éléments refusant à se dévoiler. Les plus beaux livres seront ceux qui sont écrits dans la discrétion des pensées et qui sont destinés à un groupe de lecteurs bien particulier ; notre descendance.

    Mon propos n’est pas de vous ennuyer avec des histoires d’un autre temps ou des recommandations dépassées depuis des lustres. Mais à l’heure où la vie me fait signe de mettre un peu d’ordre dans la mienne, je ne puis faire différemment que de ressortir les pages griffonnées au fil du temps. Elles ne sont pas le fait d’une haute littérature ; pour cela, il y a les spécialistes. Les lignes que l’on noircit sur les ailes des jours sont pareilles à leurs supports. Elles se succèdent comme celles que renferme un journal intime, mais qui ne sont pas celui-ci, car elles sont faites pour être lues par le plus grand nombre. Elles s’accrochent solidement pour construire des chapitres destinés à faire comprendre à ceux qui nous viendront après nous, que rien ne saurait nous être accordé tant que nous tendrons la main. C’est à nous que revient le privilège d’aller chercher la part d’existence qui nous est réservée.

     Les consignes laissées au fil des pages sont les émotions sans retenue ni pudeur excessive qu’il nous ait donné de vivre au fur et à mesure que se déroule le temps. Mais avant de conclure un chapitre, il faudra aussi consacrer une large place aux erreurs qui ont été commises afin qu’elles ne soient plus jamais renouvelées. Je sais, c’est la part la plus délicate, car elle doit dire les choses et décrire les faits sans arrière-pensée. Cependant, elles ne doivent pas prendre l’espace le plus important de l’ouvrage prenant garde de ne pas décourager le lecteur. Nous savons que l’homme a toujours éprouvé beaucoup de difficulté à avouer la vérité, alors qu’elle est indispensable et nécessaire pour la bonne compréhension du mécanisme de notre propre existence. Il ne faut jamais craindre d’expliquer et de redire que le bonheur ne s’offre pas soudainement au détour d’un sentier. Contrairement à ce que l’on imagine le plus souvent, il est tout près de nous et nous accompagne à chacun de nos pas qui nous emmènent à travers la découverte de la vie.

    C’est à nous que revient encore la responsabilité de faire comprendre que la félicité n’est jamais accordée, mais qu’elle se construit jour après jour effort après effort, jusqu’au moment où enfin elle va éclore tel le bourgeon après une longue période d’endormissement et de souffrance. Il nous faudra écrire très clairement que ce n’est pas parce que nous aurons atteint la plénitude de notre bonheur que nous devrons sommeiller sous son ombre. Elle est comme toute chose qui vit, et à ce titre nous nous devons de la nourrir. C’est un élément fragile et il peut disparaître d’un instant à l’autre.

    Dans notre livre, il y aura sans doute des pages qui prêteront à sourire. Ce seront celles sur lesquelles les mots pudiques s’empêtreront les lettres dans les affirmations de l’amour. Le bonheur étant un sentiment tellement important et différent d’un individu à l’autre, qu’il nous sera délicat de faire la démonstration des émotions. Il sera sage alors de décrire chaque image avec les définitions qui leur conviennent afin que nul ne se sente trompé quand en son esprit, le tableau prendra forme et que la vie l’animera.

    Nous devrions tous laisser derrière nous des traces de notre vécu, qu’il soit fait de larmes ou de joies, de souffrances ou de bonne humeur, et surtout de vérités afin que ceux qui le liront ne perdent pas leurs temps en de vaines recherches. En résumé de l’ouvrage, j’écrirai simplement qu’il faut nous dépêcher d’aimer, que les caresses sont douces sous tous les climats et qu’elles peuvent s’échanger sans paroles inutiles. J’insisterai sur le fait que nous n’aurons probablement pas assez de jours pour être heureux, de même que jamais nos nuits ne seront suffisamment longues pour bercer notre amour, et que si la vie venait à se figer, qu’elle le fasse sur un sourire au détour d’un chapitre.

    Amazone. Solitude Copyright 00061340-1

      

     

     


  • Commentaires

    1
    Lundi 10 Juillet à 17:48

    Mais  aussi  ce  que  tu  oublies  de  dire  Cher  René  , il  faut  savoir  bien  écrire ..Écrire  son  histoire  est  a  la  portée  de  tous  , mais  beaucoup  ne  veulent  pas  le  faire  parce qu'ils  ne  savent  pas  ..  Alors  enregistrer  ses  souvenirs  et  connaître  quelqu'un  qui  saura  transcrire  l’écoute  c'est  aussi  une  façon  de  raconter  son   chemin  ..  Aller  vers  des  rivages  inconnus  ou  ensoleiller  mon  esprit  , c'est  un  peu  ma  façon  de  m’évader  du  quotidien  ..  Merci  ami  lointain  pour  me  faire  voyager  sans  la  fatigue  des  aéroports    (sourire)..
      A  bientot   René  ..
    Bisous ..
     

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