• PASSION, RIEN QUE LA PASSION

    – Étranges, comme blason ? Sans doute aurez-vous raison de vous poser la question. Mais, voyez-vous, dans la vie, de temps en temps nous devons nous faire plaisir et écouter ce que notre esprit veut nous faire comprendre. La réalisation de tous les projets vient naturellement de la concrétisation d’une ou plusieurs pensées générées par la passion. Je ne sais pas si comme moi vous l’avez remarqué, mais dans l’existence, il se trouve toujours quelqu’un pour nous prouver par une éblouissante démonstration le pourquoi du comment, ainsi que le B.A. BA de ce que doit être une ligne de conduite, pour ne pas dire plus exactement ce que devrait être celle qui vous conviendra le mieux. Cependant, parce que nous sommes bien élevés et que nous avons une certaine éducation, nous feignons de les approuver. Mais les donneurs de leçons ont-ils tourné le dos, que nous continuons à mener notre vie à notre manière, puisque de toute évidence elle est celle qui nous convient.

    Les sentiments, quels qu’ils soient, quand ils sont bien ancrés au fond de notre cœur, nul calcul ne pourra les extraire, fût-ce les mots les plus menaçants ou persuasifs. C’est ainsi qu’un jour, pour souligner ce que fut l’état d’esprit de quelques-uns, alors que nous ne pouvions imaginer le moindre terme qui expliquerait ce que l’on nous disait être une folie, nous avons créé le slogan qui nous ressemblait.

    – PASSION-FORCE-COURAGE —

    Pour nous aider à persévérer dans notre inconscience, je reconnais que notre pays, la Guyane, se prête à merveille aux caprices des uns et des autres. Elle accepte même les défis que les plus audacieux osent lui adresser, comme si elle connaissait à l’avance comment certains projets ne verraient jamais leur aboutissement, ou qu’après une génération, la suivante n’aurait plus le courage de continuer l’œuvre entreprise.

    Toutefois, quels que fussent les travaux réalisés, ils n’égalèrent pas ceux d’Hercule, je vous rassure. Cependant, pour quelques-uns, ils y ressemblèrent bien un peu. Les candidats à la folie vinrent de tous les horizons de notre planète. Chacun apporta dans ses bagages sa culture, son savoir-faire et ses ambitions. En divers endroit du territoire, des communautés se sont établies et nous pouvons dire qu’après des décennies, elles vivent en harmonie avec les originaires. Les richesses personnelles importaient peu. Ce que les hommes avaient en commun n’était autre chose que l’amour de la forêt et, disons-le franchement, le désir profond de la liberté, tout en mettant leurs bras et leur connaissance au service de leur nouveau pays.

    Alors, n’écoutant que leur courage, même si souvent on leur faisait remarquer qu’il ressemblait surtout à de l’inconscience, ils observèrent la haute et redoutable sylve, et commencèrent à défricher. Certes, des blessures ont été faites à la nature qui ne nous avait rien réclamé. Il est arrivé parfois qu’elle se défende, car il est rare qu’un géant séculaire se laisse abattre sans essayer de se rebeller. Personnellement, je dus à plusieurs reprises demander à nos ancêtres qui veillaient sur nous d’aller dire aux anges que j’étais désolé, mais que je ne viendrais pas le soir de ce qui aurait pu être une journée ayant connu un drame.

    La trouée achevée, nous nous sommes hâtés de planter d’autres arbres, des fruitiers, afin que la faune soit la première bénéficiaire ; et croyez-moi, elle ne perdit pas au change ! Des cultures ont tapissé un sol qui s’ennuyait, gaspillant son humus, lessiver par les pluies abondantes.

    Le garde-manger terminé, nous avons bâti nos villages sous le regard étonné de la forêt. Cependant, elle n’en prit pas ombrage, même s’il est vrai que tous ces hommes, venus d’horizons différents, n’avaient rien de particulier qui put laisser penser qu’ils avaient quelque chose en commun. Et pourtant, bien que tourmenté pour quelques-uns, il en est certaines qui les réunissaient. L’amour de la terre, la passion, et la confiance qui les habitaient. Ces éléments personnels les ont fait s’amarrer au pays comme un navire s’accoude au quai auquel il est relié.

    Sans relâche, ils composèrent avec les caprices de la nature. La lutte fut quotidienne, sous le ciel changeant qui nous rappelle que rien ne nous est accordé si nous n’allons pas le chercher. Si d’aventure quelqu’un abandonne en chemin, ses efforts seront anéantis en peu de temps, car la forêt voisine n’attendait que cet instant pour reprendre sa place. La lisière ne nous quitte jamais de vue, mais elle nous oblige également à nous dépasser.

    Nous aimons passionnément notre petit coin sur le seuil de l’Amazonie. Il est pour nous comme un compagnon que nous chérissons et chez qui nous ne prélevons que les éléments indispensables à notre survie, et pour vivre en harmonie avec la nature, nous rendons à notre mère nourricière ce qu’elle nous a si généreusement offert.

    Amazone. Solitude. Copyright 00061340-1

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 12 Janvier à 16:06

    BONJOUR RENÉ !

    Tu sais, tu me prouves que pour avoir une âme de pionnier, il suffit de voir grand dans un petit coin de forêt tropicale !.........Il suffit d'un peu d'état primitif dans le voisinage pour imaginer les origines du monde !

    Bon, je sais que tu as fait tout çà en grand et qu’actuellement c'est ton esprit qui vagabonde !

    J'ai lu un livre : "L'homme qui marchait dans sa tête" !.............L'histoire d'un handicapé en fauteuil roulant qui a vaincu beaucoup d'impossibles pour "marcher" dans sa tête !........C'est remarquable !

    Jules VERNE, notre Nantais, nous a prouvé qu'on peut être précis dans ses romans d'aventure sans avoir expérimentés les modes de voyage ni visité les contrées et goûter aux climats de ses livres ! Simplement en interrogeant des "René" ou des "Henri" (Mouhot) dont le talent du détail à permit des transcriptions sublimes !

    Salut mon Ami René et bisous à Josette !

    RÉMY.

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