• ... — Mon cher petit cœur ; ainsi tu demeuras là à m’attendre depuis tout ce temps ! Et si je n’étais pas revenu ?

    — Tu le vois ; je me laissais mourir. Sans toi, la vie a-t-elle du sens ?

    — Cesse, mon cher amour de dire des sottises. Allez, donne-moi ce qui te reste de force pour que nous cheminions encore l’un proche de l’autre. Tiens, je te propose même quelque chose de plus agréable et d’inédit. Veux-tu qu’à partir de cet instant nous essayions de remonter le temps afin d’y ramasser telles les feuilles mortes celles qui ont embelli notre vie ?

    — Ô ! Oui, mon ami, récoltons-les avant que les messages bordant les limbes défraîchis ne s’effacent !

    — Alors, ne tardons plus, ma très douce amie. Il y a tant d’années à retrouver ! Te souviens-tu de leur nombre ?

    — Par la porte ouverte de ma mémoire, je crains que de nombreux souvenirs aient déjà retrouvé leur liberté.

    — C’est parce que tu étais égarée dans ta solitude que tu dis cela, mon amour. Ne suis-je pas là pour te guider à nouveau ?

    — Et si le destin voulait que tu disparaisses à nouveau, que deviendrai-je sur ton chemin ? J’ai tant besoin d’une main pour me rassurer !

    — Petit cœur, pour l’instant, saute dans le creux de celle que je te tends et demeure sur ma poitrine à l’écoute du mien qui s’est remis à battre. Use de sa chaleur comme on le fait devant la cheminée, alors que nos membres sont engourdis…

      


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  • Je prie les gentils passants de bien vouloir m'excuser pour la sobriété de ces pages. J'ai besoin de temps pour m'adapter à ma nouvelle situation. Si vous le voulez bien, je viendrai vous parler de choses et d'autres et surtout des choses de la vie.

    Merci de votre indulgence ainsi que de vos arrêts sur ces modestes pages.

    Joreg.


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  • … Mais qu’importe le temps et ses railleries ! Autour de moi, tout vit et resplendit, m’invitant à l’imiter sans toujours chercher à en démonter la mécanique. Ne dit-on pas que « chercher à comprendre c’est commencer à désobéir » ? Alors, suivant des yeux le papillon qui visite tel un métronome le cœur de chaque fleur, je me décide à faire un pas, puis un autre et me voilà à nouveau à fouler l’herbe de la prairie. C’est alors que longeant la lisière, je tombe sur des traces anciennes en forme de cœur. Curieux, me dis-je ? Je les pensais disparus depuis si longtemps ! Alors, je me penche, et je n’en crois pas mes yeux… Dans le premier pas, un cœur bat faiblement, laissant échapper un mince filet de sang ou de vie, je ne sais plus. Cependant, à mesure que je m’approche, il se met à battre la chamade. Je le regarde, je l’écoute et sans que je puisse les retenir, des larmes ourlent les paupières, finissant par rejoindre le pauvre cœur dont le sang cesse de s’écouler par la blessure qui se referme lentement. Alors, je la reconnais ! Bien sûr que c’est elle, ma douce, mon unique amour, ma muse et qui sais-je d’autre ! Enfin ! me dit-elle ; je t’ai tant attendu ! Pardonne-moi, j’ai cru un instant que la nuit finirait par me rattraper sans que je puisse un jour te revoir ! Le ciel m’a écouté et je l’en remercie, car te voilà de retour et je l’espère pour toujours ! Je n’ai pas voulu la décevoir, en ne lui disant pas que « toujours » n’existe pas…


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  • Bonjour à tous,

    Après une très longue traversée du désert, j'ai retrouvé le chemin de la forêt. Le dernier layon que j'y avais ouvert s'est refermé, m'obligeant à rechercher mes traces. J'avais presque oublié combien le bonheur est grand auprès de mes arbres, même si depuis, quelques uns se sont laissés mourir. J'espère que ce n'est pas de chagrin, seulement à cause du temps qui, lui aussi, oublia de les rassurer sur son passage.


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